Le blog de la Discothèque

Rock 27 septembre 2009

José Luis Arrazola : Imaginaciones mias, Kikos, P 2007
Jose Luis Arrazola rencontre la guitare électrique grâce au live de Deep Purple « Made in Japan ». La trace laissée par un certain Richie Blackmore, le décida, non pas à renoncer à l’emploi de la guitare classique, mais à porter ses regards sur cet univers du hard rock qui avait vraiment tout le nécessaire pour l’attirer, où parmi des influences avouées comme Michael Schenker, Gary Moore, Steve Vai ou bien le jazzman Pat Metheney – que la guitare est un instrument transversal !!!, secret de Polichinelle pourrait-on dire -, l’on perçoit tout le mimétisme qu’il entretient avec Eric Johnson (Le très réussi « Musicom » avec « trademark » d’E. J. dans l’album « Ah via musicom »), mimétisme bien assumé qui ne pèse en rien sur l’élan créateur de cet espagnol, en proposant là un album assurément solide, alliant la sobriété et l’inspiration d’un Larry Carlton, l’épaisseur d’un son bien particulier aux couleurs chatoyantes, faisant de sa guitare quelque instrument nouveau. Si l’on peut regretter la présence d’un pièce orientée ragtime et une autre délibérément country qui font craindre un aspect un peu « catalogue », il parvient honorablement à y inclure des éléments plus personnels, voire iconoclastes mais pas choquants ni même de mauvais goût. Il ne faut y voir là semble t-il, qu’un hommage aux musiques qu’il aime. « Camino al sol » avec ses timbres de flûte et cornemuse qui répondent à sa guitare, inspirés en partie par son pays, comme « moyenâgeux » et irlandais à la fois, on ne sait, témoignent de sa démarche confinant à une sorte « d’universalité » qu’on se sent prêt à suivre, à l’invitation de cette marche au soleil si radieuse…
Jean-François
23/09/09

Andreas Lidberg : Russian Tourette, Add9Records, P 2009
Ce premier disque d’Andreas Lidberg, tout de fausse simplicité, nous enchante tout particulièrement. En effet, si l’inconnu qu’il est des grands médias ne saurait constituer en soi un handicap, alors on pourrait considérer qu’une nouvelle gemme vient de surgir, taillée pour un univers rock instrumental/jazz rock bien sûr, une « pierre fine » déjà unique, ou bien en passe de le devenir, élégamment ciselée de moult influences, exprimant tout un jeu de couleurs qui le place d’emblée dans la très proche complicité d’Eric Johnson ou bien de feu Shawn Lane. Les mélodies suaves coulent en continu et se fondent dans ce flot pétillant qui donnent envie de réécouter encore, révélant l’esthétique bien affirmée de ce suédois. Sa bio, plutôt sommaire, nous apprend qu’il a commencé la musique à cinq ans en jouant les chansons des Beatles sur l’orgue familial, et qu’il a fait parti avant d’un groupe de hard rock de son pays appelé Street talk. De ces primes balbutiements, Andreas Lidberg inspire en son lyrisme naissant un enthousiasme authentique et fort, et c’est avec seulement six pièces, qu’ il a réussi à s’attacher les éloges légitimes de la presse scandinave, qui nous presse de nous arrêter pour goûter à ce tout nouvel artiste de fusion indépendant.
Jean-François
02/09/09

Chickenfoot : Chickenfoot (Joe Satriani, Chad Smith, Michael Anthony, Sammy Hagar), Wagram Music, P 2009
Sorti le 5 juin 2009, le tout premier opus de cette formation née en 2008, a dû certainement être une très bonne nouvelle pour tous les connaisseurs et amateurs de supergroupes. Comme le confie le chanteur de Chickenfoot Sammy Hagar – et ex-chanteur du groupe Van Halen – à Jeb Wright, les membres ont su retrouver l’impulsion et l’énergie, la « chimie des Van Halen du début », et certes, si l’on ne peut s’empêcher à tout le moins de repenser aux heures glorieuses nées avec « 5150 » ou « OU802 », deux météores qui ont laissé des traces, il nous apparaît cependant plus difficile de retrouver l’atmosphère du premier et célébrissime album éponyme de 1978, sinon via quelques allusions guitaristiques ici et là, ainsi la conclusion de « turnin’ left » par exemple. Peut-être eût-il été heureux de voir tout simplement aux côtés de Joe Satriani, œuvrer en toute complicité M. Eddie Van Halen lui-même avec son frère Alex ? Quoi qu’il en soit cela ne sera pas et les egos sont souvent mis à mal pour ces personnalités dont la célébrité est planétaire, mais s’il faut se faire une raison, on ne doute pas qu’une telle association eût pu donner des résultats surprenants. Toutefois on ne peut bien sûr pas insinuer – ce serait une ineptie – que Satriani ait déçu dans cette aventure, et il semble même qu’au-delà de cette filiation que l’on ne peut manquer de faire avec son glorieux aîné, celui-ci a su humblement faire honneur à son talent, et semble en quelque sorte avoir en partie adopté une posture presque respectueuse en demeurant très proche de son univers stylistique, mais sans toutefois le caricaturer, sans maniérisme et avec inspiration.
Jean-François
26/08/09

Eels Hombre Lobo : 12 Songs of Desire, P 2009
Le groupe américain Eels, groupe à géométrie variable évolue autour du charismatique Mark Olivier Everett alias E, qui choisit ses musiciens suivant son projet musical. Eels fabrique une musique inspirée, subtile mélange entre les Velvet Underground et Radiohead.
Voici leur 7ème album : « Hombre Lobo  » qui veut littéralement dire « Loup-garou  » en espagnol, référence à la barbe d’Everett de plus en plus impressionnante depuis quelques années (et oui c’est bien lui sur la pochette… pochette qui fait d’ailleurs référence à une célèbre marque de cigare cubain, E étant un grand amateur de cigares). Un album double facette, tel le loup-garou qui se transforme à la lumière de la Lune. Entre garage rock sale dominé par la « boîte à rythmes » (Prizefighter, Lilac Breeze, Tremendous Dynamite, What’s a Fella Gotta Do) et balades tristes (That Look You Give That Guy, In My Dreams, The Longing, All The Beautiful Things et Ordinary Man). Sur cet album la voix éraillée d’E toujours aussi agréable, n’est pas sans rappeler Lou Reed, c’est ce qui fait tout le le succès du groupe depuis une décennie.
Isabelle
Le 25/08/09

Cynic : Traced in air, Season Of Mist, P2008
Attention créature hybride non identifiée, les bien nommés Cynic, formés en 1987, sortent un deuxième opus aux multiples facettes, sombre, soigné et pour le moins pénétrant. Ce collectif underground américain de death prog. atmosphérique issu de la sulfureuse scène métale de Floride, se fit un nom il y a quinze ans maintenant avec un premier album appelé « Focus », et après maints remaniements de leur line-up, ô divine surprise, le groupe s’est reconstitué en 2008. Nous disons « bien nommés », mais sans le reprocher toutefois, en raison d’une utilisation non seulement décomplexée, mais originale des antagonismes stylistiques : jugez plutôt… Si l’ensemble est bien parsemé des growls caractéristiques se rapportant aux racines « death », ceux-ci paraissent comme échappés, égarés dans cette musique élaborée, savamment stylisée, traversée d’ éléments jazz fusion incorporés, « enclavés » dans leurs morceaux ; musique encore, abreuvée par les sons clairs magnifiques du guitariste Paul Masvidal, qui de sa voix « robotique » et irréelle passée au vocoder numérique, aux accents rappelant quelque peu – faut-il le dire ?- les Daft punk (seul point commun précisons-le, car la genèse créatrice de ces 2 groupes diffère complètement), ce tout plaçant véritablement Cynic en situation d’ovni, mais qu’on peut néanmoins regarder objectivement comme un groupe de metal progressif, et ce même si certains persistent à les voir plutôt comme un groupe de death metal technique. Il faut admettre que Cynic est un quartet solide, car outre la personnalité et le toucher de Paul Masvidal, qui pourrait bien nous suggérer celle d’un autre extra-terrestre en la personne d’Allan Holdsworth – d’ailleurs comme Holdsworth il joue sur guitare Steinberger -, on trouve le bassiste et joueur de stick Sean Malone, professeur, auteur de trancriptions des solos de Jaco Pastorius, et Sean Reinert, un batteur très créatif, qui donne de l’unité aux variations des structures. A ne pas mettre entre toutes les mains ?
Jean-François
30/04/09

Karmakanic : Who’s the boss in the factory, Distrib. SPV, Inside out, P2008
L’élan, et surtout la grâce de ce quintet suédois surgit dés l’ouverture de ce pétillant 3e opus, avec la composition phare et au combien inspirée de l’album, « Send a message from the heart », tissant là une toile art rock mâtinée de délicieux épisodes jazz rock, de tension psyché propitiatoire à la Pink floyd, de chœurs comparables à ceux que Queen distillait, mais plutôt livrés là à la posture rock arena d’Asia ou de toto. Dans cette solitude céleste qui tout au long nous baigne, l’ensemble témoigne d’un lyrisme tourmenté mais beau, presque trop sérieux peut-être, voire parfois un peu didactique, mais une émotion subtile nous étreint et il ne faudrait pas l’oublier. Les transitions se succèdent avec naturel, les ruptures semblent aller de soi et s’imposent harmonieusement, « pacifiquement » pourrait-on dire… Karmakanic apparaît comme l’un des groupes les plus en vue dans le paysage du progressif suédois, où leurs compatriotes de The Flower kings semblaient pourtant confisquer toutes les faveurs d’un public admiratif. Dénué d’emphase, comme voué à une contemplation hédoniste, Karmakanic nous laisse à croire, par ses climats contrastés et empreints d’inattendu, par l’humilité exquise et manifeste de ses musiciens, que ce genre qui pouvait à présent paraître quelque peu moribond, trouve là un nouveau souffle, et n’est pas sans nous persuader de toute la légitimité qu’il a encore à perdurer aujourd’hui. Jonas Reingold, le compositeur de toutes les pièces, a réussi à mettre au monde une douce créature hybride, quelque chose qui au final ne ressemble à rien de déjà vu.
Jean-François
14/02/2009

Monte Montgomery : Mirror, Heart music, P 1999
Monte Montgomery , ou tout se projette en un seul jet, comme fait dans l’instant, ce qui traduit nous semble-t-il, au travers de son obstination à ne vouloir jouer qu’acoustique, le nécessaire ou en tout cas compréhensible besoin de pouvoir se réapproprier ce qu’il veut comme il l’entend d’autres univers, tel une sorte de marque, de brevet d’indépendance, bien en retrait des circuits médiatiques traditionnels. Sensualité et réconfortante spontanéité donc, peignent ce singer-songwriter texan à la voix qui n’est pas sans rappeler le timbre d’un Steve Lukather, avec un quelque chose de Bob Dylan. Bref, nous découvrons là une pop américaine très suggestive, qui n’oublie pas ses racines au combien riches, avec, si l’on veut bien se donner la peine de dépasser les apparences, un champ stylistique aucunement réduit à la portion très parcellaire de tout ce qui se retrouve sous la bannière pop-rock ou même folk-rock. Salué d’ailleurs par la revue de référence “Guitar player” comme faisant partie des 50 meilleurs guitaristes toutes époques confondues (une grande présence et un solo très intéressant sur « When will I »), cet artiste et homme orchestre témoigne de réelles facultés de mimétisme : Ainsi, « took too long » nous rappelle t-il en partie un Keziah Jones et un Joe cocker à la fois, mais ne sont nullement des postures caricaturales. « Mirror » est son 3e album paru en 1999, et des titres comme « I know you by heart », « I’ve done nothin’ wrong » et « Hopin’ that you’d slow down » ne déçoivent pas ceux qui apprécient des fusions heureuses telles que celle-i.
Jean-François
08/01/2009

Keith emerson band : Keith emerson band festuring Marc Bonilla, Wagram, edel records, P 2008 :
Fondateur avec Greg Lake et Carl Palmer d’un des premiers supergroupe en 1970, Keith Emerson, pianiste et organiste audacieux, pionnier dans l’utilisation du Moog-synthesizer, nous livre là un nouvel album solo de structure art rock, conçu sous la forme d’une suite avec ses petits tableaux introductifs, annonçant ou ponctuant pièces instrumentales et chantées, déployant tout un éventail stylistique étoffé. L’apparition de Marc Bonilla comme chanteur et guitariste, qui semble s’être glissé avec aisance et bonheur dans les orientations expérimentales, classiques et parfois même contrapuntiques(fugue) propre à Emerson, témoigne – mais il faut rappeler que les deux hommes ont fait un disque et une tournée ensemble – d’une réelle harmonie où fusionnent ses apports de provenance plus rock, et non dénués d’un certain lyrisme d’ailleurs : « Marche train » qui résonne comme une résurrection d’un Huey Lewis ou d’un Brian Adams ressurgis des morts, « a place to hide », qui nous ramène avec plaisir à Asia, ou bien encore « Miles away pt « 1 » et « Miles away pt 2 », relectures d’un rock un peu planant façon Pink Floyd pour le premier, voire métal alternatif pour le second… L’on se souvient peut-être de « Tarkus » l’œuvre prometteuse qui propulsa en 1971 le groupe de Keith Emerson dans la cour des grands, ainsi que de « trilogy » en 1972 qui fut disque d’or aux Etats-Unis ; l’homme a encore de beaux restes.
Jean-François
04/12/2008

Stef Burns : Swamp tea, Lakeside Records, P 1999
Né le 26 juin 1959 en Californie, Stef Burns est une sorte de Robben Ford, plus précisément une créature à situer entre Larry Carlton et Eric Johnson, dont l’esprit est clairement orienté rock, qui allie à un lyrisme éclatant, puissance du son, sensualité mélodique, diversité harmonique insinuant une douce fusion stylistique, et laisse un sentiment d’aisance et de naturel, de spontanéité, bref un souffle délicat pour nos sens, et qui ne confond pas les oreilles averties seulement. Voici son premier album solo, paru en 1998, après une carrière très dense, riche d’expériences diverses, qui révèle là l’identité de quelqu’un qui a largement évolué avant 1979 dans les sphères du jazz rock/fusion, avec New legend notamment, un de ses premiers groupes, où il fit des reprises de morceaux de Jeff Beck, Return to Forever, George Duke, Herbie Hancock, rencontrant là quelqu’un qui deviendra un vieux complice, le clavièriste John Seppala. Après un passage dans un groupe de funk (Omega), il travaillera pour beaucoup de monde : Sheila Escovedo, qui inspira l’enthousiasme et même l’admiration à la popstar Prince – pour lequel il confesse d’ailleurs avoir beaucoup appris en matière de guitare funk –, Michael Bolton, Alice Cooper, quatre albums avec le groupe de Heavy metal californien Y&T, pour ne citer que l’essentiel…Stef Burns est ici entouré par la crème du rock instrumental de ces dernières années.
Jean-François
14/11/2008

Vampire Weeekend : Vampire Weekend Un peu de fraîcheur avec les Vampire Week-end, 4 New-Yorkais qui mettent une grande dose de soleil dans la pop. Ezra Koenig (chanteur, guitariste ), Rostam Batmanglij (clavier et voix), Christopher Tomson (batterie) et Chris Baio (basse) nous emmènent dans leur univers pop qui sort des sentiers battus. Tous les titres sont de qualité, fait suffisamment rare pour être mentionné, on a si souvent aujourd’hui le sentiment de remplissage sur certains albums. C’est plein de trouvailles dans le rythme et les harmonies. Un seul bémol, pourquoi avoir choisi ce nom, qui ferait plus penser à un groupe de hard et cette jaquette si peu en adéquation avec le contenu ? Peut-être une erreur marketing. Je vous recommande spécialement M79, un titre aux accents reggae. Bonne écoute !
Isabelle
07/11/2008

Steve Lukather : Lukather, Distrib. Sony, Columbia, P 1996
Sorti en septembre 1989, ce premier album solo d’un des guitaristes de studio les plus demandés de la scène pop/rock américaine, est porteur d’une énergie que nul ne songera à remettre en cause, qui « transgresse », trop peu trouveront certains, ce qu’il faisait jusque là avec son groupe Toto. Pourtant, il y avait probablement là une démarche exutoire, comme une soupape qui lui apporterait un souffle nouveau, et l’afflux de nombre de ses amis présents ici, explique combien son désir de vivre de nouvelles expériences est important : Le chanteur Richard Marx, Eddie Van Halen, Steve stevens, le clavièriste Jan Hammer (« Miami Vice Theme », Mahavishnu Orchestra ). D’aucuns pesteront que tout cela a mal vieilli, mais il faut reconnaître que la production et le son Lukather, demeurent encore aujourd’hui des référents qui souffrent peu la contestation, et même si certains moments ont parfois des relents insistants années 80 (« With a second chance »), on ne saurait négliger de dire toute la qualité et l’efficacité de l’ensemble des morceaux : L’apport et l’influence de Van Halen sur « Twiste the knife » et « Drive a Crooked road », ou bien encore « Got my way », coulent de source et témoignent de la complicité harmonieuse des deux hommes. Une oeuvre résolument hard FM, avec des guitares bien boostées comme il convient, qui fournissent ce relief indispensable au genre.
Jean-François
07/10/2008

Tony Macalpine : Evolution, Shrapnel, Novato,1995
Ce 7e album du pianiste et guitar-hero Tony Macalpine, paru en 1995, rassemble harmonieusement des éléments à caractère jazz rock et néo-classique. Ni la place de sideman qu’il a occupé avec Steve Vai, ni sa participation brillante à la dernière tournée de Michel Polnareff – l’artiste français a en effet eu l’intelligence de lui accorder une grande liberté dans ses solos -, ne peuvent faire oublier que l’essentiel de sa carrière repose avant tout sur ses albums « shred » – entendez par-là virtuosité et propension à exprimer, recréer l’émotion que l’on rencontre dans la musique classique. A cela s’ajoutent 2 pièces, dont une directement issue du répertoire avec la 5e étude de l’opus 10 de Chopin, et un arrangement du très connu andante du 21e concerto pour piano de Mozart. L’ensemble donne un résultat où s’enchevêtrent idéalement les idées, un enchaînement de thèmes et d’improvisations qui se succèdent de manière enlevée et énergique, et sans que l’on réalise vraiment les moments de transitions, où tout finalement ne fait qu’un, où fluidité et élégance virtuose délayent leurs appas souverains, conférant à ces musiques un aspect paradigmatique en forme d’hymnes.
Jean-François
04/09/2008

Asia : Aria, special edition, Distrib. SPV, Inside out (Kleve), P2005
La posture policée de ce « supergroupe », né d’une fusion entre Yes, King Crimson, Emerson, Lake & Palmer et UK, incarnation idéale de la scène « rock arena » aux envolées progressives, qui avait tout pour séduire un public presque conquis d’avance, multiplie ici des titres propre à pulvériser les charts. Nonobstant des influences « album oriented rock », leur musique avait véritablement dans son essence, vocation à être jouée dans les stades. Si le groupe a retrouvé en 2006 sa formation initiale, « Aria », sorti en 1994, voit Geoff Downes, bien que seul membre fondateur rescapé des années phares, œuvrer par ses compositions à la pérennité d’Asia, sans rien trahir quant à l’identité originelle. Il sut aussi s’entourer d’un bon chanteur, John Payne, traduisant bien l’aspect un peu hiératique qui caractérise cette formation, et conserver Al Pitrelli, un guitariste talentueux aux interventions « chronométrées » voire homéopathiques, mais néanmoins très pertinentes et qui a l’intelligence de ne pas chercher pas à faire oublier steve Howe, l’autre guitariste, membre fondateur lui aussi et encore présent sur l’album précédent « Aqua ». « Anytime », « Sad situation », « Rememberance day » sont le triptyque non exclusif certes, des trois morceaux incontournables.
Jean-François
15/07/2008

Def Leppard : Songs from the sparkle lounge, Distrib. Universal, Mercury (Bludgeon riffola), P 2008
Ce n’est pas à un baroud d’honneur que nous assistons en écoutant le dixième album du combo britannique. Il y a toujours chez eux, depuis l’album culte « Hysteria », cette soif d’exister, de surprendre, une certaine jeunesse encore, quelque chose de festif qui assène une bonne décharge d’énergie façon AC/DC, avec l’accroche hard-pop en supplément, des chœurs toujours aussi bien léchés et qui frappent, des riffs qui électrisent…Def Leppard manifestement maîtrise son sujet, les refrains sont là, solides et sonnent toujours tels un exutoire, une libération, ce qui les rend substantiellement encore plus indispensables…Ce n’est pourtant plus le très célèbre Robert John « Mutt » Lange – AC/DC, Bryan Adams, Foreigner, The Corrs – qui officie à la production mais Ronan McHugh, personnage qui a su rester en phase avec l’identité glam de Def Lep’, et ce malgré les arrangements vocaux sur la ballade « Love », qui nous renvoient plus à l’esthétique Queen, mais le résultat demeure quand même très appréciable. Signalons par delà la présence de tubes potentiels comme « Tomorrow », « Hallucinate » et d’autres encore, la présence de Samuel Timothy « Tim » McGraw, le chanteur de country invité sur le single « Nine lives ».
Jean-François
26/06/2008

L`Arc-en-ciel : Kiss, Ki/oon records, Distrib. Universal, P 2008
Le onzième album du « visual kei » nippon, né en 1991, est déjà une référence pour les fans depuis plusieurs mois. Si l’on ne peut se dissimuler le caractère un peu aseptisé de sa production, L’Arc-en-ciel témoigne pourtant d’une réelle inspiration et d’une fraîcheur propre à vous surprendre. Certaines envolées mélodiques du chanteur semblent nous suggérer l’idée qu’ils seraient les aventuriers d’une scène « shred » un peu perdue, mais enfin, « Laruku » – comme disent les japonais – pourrait être vu simplement comme les U2 du 21e siècle, version soleil levant, où cependant, les ascendances « métalliques », bien que peut être « refoulées », sont pourtant bien là, même si la guitare de Ken demeure trop en retrait, ce qui est dommage au final et l’ensemble perd un peu en expressivité, en saveur…L’on ne saurait toutefois pas souffrir la comparaison, loin s’en faut, avec un Tokio Hotel, dont les soucis esthétiques paraissent beaucoup plus incertains voire inexistants.
Jean-François
19/06/2008

Christopher Cross : Christopher Cross, Distrib. Warner, Warner bros, P 1979
S’il nous faut considérer le singer-songwriter Texan Christopher Cross comme un de ceux qui auront inspiré le « genre » « adult contemporary music », on se dit qu’à bien écouter son célébrissime et « classieux » 1er album paru en 1979, ce monsieur mérite mieux que d’être avili d’une telle paternité, voire défiguré de devoir lui aussi passer sous les fourches caudines de ce concept un peu totalitaire, dans sa prétention à vouloir globaliser, sinistre prélude à la mise en asepsie de nos pratiques culturelles : quid de l’identité d’une Pink, des Spice girls ? Ne sont-elles pas des sortes de « référents ersatzs » ? Existent-elles pour elles-mêmes ? Assurément non. De surcroît on ne peut manquer de percevoir une démarche plus contestataire qu’il n’y paraît, cette posture contemplative chez Christopher cross était le signe d’une réaction, d’une recherche d’équilibre, d’une aspiration sincère. Ce disque s’enracine dans une logique de groupe façon Steely Dan, avec ses chorus jazz-rock bien sentis de Larry carlton, Eric Johnson, Jay Graydon et Christopher Cross lui-même ; rien donc qui vous dépouille de votre esprit critique car il y a quelque chose à l’intérieur de cette « smooth-pop » californienne, et qui a du goût et des couleurs.
Jean-François
20/05/2008

Whitesnake : Good to be bad, Distrib. SPV, Steamhammer, 2008
Pour ce onzième album, David Coverdale a su très bien s’entourer avec deux incontournables de la scène hard & heavy actuelle, que sont les guitaristes Doug Aldrich et Reb Beach, déjà présents sur le « Live, In the shadow of the blues » paru en 2006. Ces messieurs semblent avoir su coller à « l’esprit » whitesnake, empreint de ce glam-blues rampant qui le caractérise, seventies « boostées » au gros son policé et sensuel de la fin des années 80, démarche immuable qui assurément se profile encore ici . On sait gré à David Coverdale de n’avoir point cédé aux sirènes d’un métal-alternatif, aussi bien qu’à des télescopages opportunistes tous azimuts – O tempora ! O mores ! -, qui de toute façon ne lui ressemblent guère… On aurait peut-être attendu des riffs d’une facture un peu plus iconoclaste, mais la production est de premier choix, un certain souffle est sans nul doute présent sur l’ensemble de l’album, ainsi qu’en témoignent des morceaux comme « All I want all I need » et « summer rain », deux ballades qui rappellent les heures les plus inspirées du revival du groupe en 1987. Ajoutons que le temps ne semble pas avoir laissé ses marques sur la célébrissime voix de velours de David Coverdale, dont le tempérament et la fougue n’ont certes pas diminué en intensité…
Jean-François
02/05/2008

Harvey Mandel : Shangrenade / Feel the Sound, Akarma, Comet records, P 2004
Rock, Jazz rock, rhythm’n blues, tel serait le triptyque stylistique de ces enregistrements parus respectivement en 1973 et 1974. Richesse inouïe, c’est à un véritable explorateur ne semblant s’interdire aucune incursion ni fantaisie, que nous succombons…Où sommes nous ? Dans un album de Larry Carlton, une musique de Lalo Schifrin, un solo d’Eddie Van Halen, ou bien encore dans un disque vintage de soul psyché ? L’école rhythm ’n’ blues serait-elle la plus propice à une telle inventivité ? L’ambiance groove funk colle très bien avec son touché, son utilisation inspirée du sustain, du legato. Ceci rappelle qu’aucun habillage par les formes ne saurait remplacer le souffle des idées, qui seul légitime de justes et authentiques transgressions. Un disque à recommander à tous les curieux et amateurs et bien sûr aux connaisseurs !
Jean-François
24/04/2008

Yngwie Malmsteen : Attack II, Distrib. SPV, Wagram, P 2002
Enregistré en 2002 à Miami, le père de la scène shred, témoigne encore et toujours d’une virtuosité intact, avec un album qui, s’il ne peut être exempt de réserves, nous montre cependant qu’ Yngwie est quelqu’un qui a incontestablement développé un sens de l’appropriation confondant : qu’il s’agisse de l’univers d’Hendrix ou de Paganini, il excelle à reproposer, à contextualiser des climats néo-classique ou rock-psyché, avec un style qu’il peut revendiquer comme lui appartenant. La production est de qualité, la pesanteur de certains riffs traduisent une volonté de renouvellement et ne surprendra que les personnes qui en restaient aux représentations a priori. Certes il y a bien quelques clichés dont il conviendrait de ne pas trop abuser, mais ses improvisations nous semblent mieux structurées, plus lisibles. Il ne lui manque peut-être qu’à s’emparer d’autres stylistiques, à « spatialiser » son espace sonore en vue d’initier une nouvelle synthèse…
Jean-François
27/03/2008

Dream Theater : Images and words, New York, Atco (Atlantic),Distrib. Warner, P 1992.
Deuxième album du groupe de Métal progressif américain enregistré en décembre 1991, ce disque est d’une production magistrale, l’arpège son clair de Petrucci dans « pull me under » , dégage un sentiment de profonde clarté, de maîtrise, et apparaît comme une signature paradigmatique de tout le reste, c’est-à-dire une mise en place extrêmement rigoureuse, un son de très haute facture, où huit morceaux semblent transcender les genres. L’introduction du sax soprano dans « Another day » donne une touche d’élégance à l’ensemble sans rien flétrir de l’identité ou de la structure. Bref, c’est du Toto qui aurait fait son aggiornamento, une créature hybride et stylée, entre rock progressif et jazz rock avec un vernis métal.
Jean-François
11/03/2008

Nightwish : Dark passion play, Nuclear Blast Gmbh, P 2007
Le super-groupe de metal symphonique s’est adjoint pour son 6e album les services de Pip Williams et James Shearman, deux experts inséparables évoluant respectivement pour l’un dans les arcanes des nouvelles technologies de mixage numérique, et pour l’autre dans l’univers des musiques de film, l’un producteur arrangeur, l’autre chef d’orchestre. Il serait peut-être injuste de réduire l’ensemble à une espèce de catalogue, de manifeste oecuménique et vaniteux de tous les genres du métal.La production est hyper-soignée et atteint son but en nous emmenant dans une dimension propice aux mythes et aux légendes.13 morceaux en tout, cette édition inclut un 2eCD pour les versions instrumentales, avec en grand ordonnateur, le clavièriste du groupe Tuomas Holopainen. Que dire de la nouvelle chanteuse, la suédoise Anette Olzon , sinon qu’elle s’inscrit dans la grande tradition des vocalistes féminines propre au genre, dont la tessiture est tout de même beaucoup moins cristalline qu’une Charlotte Wessels(Delain).
Jean-François
04/03/2008

Radiohead : In rainbows , Distrib. Naïve, P 2007
Le concept « art rock » transparaît dans ce septième album du groupe anglais aux tendances « ambient-psyché », qui apparaît comme le digne fils non pas du progressif, mais du rock planant ou du « Krautrock », et nous inspire une sorte de vœu à la contemplation, savant mélange de désenchantement et de sérénité… L’intérêt des textures sonores dans « all I need », « Nude », « Weird fishes / Arpeggi » est indéniable et le caractère « épique » pourrait presque être attribué à ce disque qu’on ne saurait qualifier d’opportuniste, mais plus épuré, où le recours au vocoder semble avoir été à peu près évité. Les connaisseurs de Radiohead l’apprécieront.
Jean-François
28/02/2008

Meshell Ndegeocello : The World has made me the man of my dreams, Universal Music France S.a, P 2007
En quête d’elle-même pourrait-on dire, à l’écoute de cet album énergique, égotiste, et dont la quête nous apparaît ne pas avoir de fin possible… Il est en soi un « revival » de rock , de new wave, de métal, on y trouve aussi de subtiles arrangements proches du jazz et de la musique contemporaine. Elle s’offre même le luxe d’avoir à ses côtés et sur 2 morceaux le guitariste pat Metheny. Le tout est couronné d’une atmosphère très « ambient » qui semble « spatialiser » toute sa démarche identitaire et spirituelle.
Jean-François
07/02/2008

John Mayer : Any given Thursday,Columbia : Aware records, P 2003
On ne saurait réduire à la portion congrue de la communauté pop- folk le singer-songwriter américain John Mayer, qui est surtout en soi un inclassable, authentique créateur des plus talentueux. Ce concert fut enregistré en septembre 2002 à Birmingham et l’engouement bien compréhensible du public ne doit pas faire oublier le personnage qu’il est : Un caractère profondément humble, un aspect qui transparaît dans de trop brèves apparitions aux crossroads de Clapton. Les chansons sont toutes d’égal qualité et la mise en place est parfaite. Ajoutez à cela une maîtrise des formes des plus intéressantes et un espace sonore, des couleurs qui ne peuvent se réduire au seul univers rock, un vrai régal.
Jean-François
24/01/2008

Harvey Mandel : Cristo redentor ; Distrib. Sony, Emi, Universal, Raven records, P 2003 .
Paru en 1968, ce premier opus qui serait suivi par beaucoup d’autres, est un pur chef-d’oeuvre de tout ce que l’école rock- psyché instrumentale a pu produire de mieux. Une étrange douceur y déploie ses appâts, baignant dans une atmosphère déconnectée, où s’ intègre une structure à la malignité rhythm ’n’ blues faussement rassurante, une ballade comme surgie d’un cauchemar sous emprise, où la voix irréelle de la sopraniste Jacqueline May Allen semble exprimer une suprême détresse, ou bien encore les improvisations tourmentées de l’harmoniciste Charlie Musselwhite. La discrétion trompeuse de Harvey Mandel, sa maîtrise subtile du sustain et du feedback sur le son qui semble se faufiler tel un serpent – ne l’appelait-on pas « the snake » – ne doivent surtout pas faire oublier ici son rôle majeur, ni l’inspirateur qu’il sera pour des gens comme Eddie Van Halen, notamment par son approche précoce du two- handed tapping.
Jean-François
04/01/200

 

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